Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /2009 00:14


Arthur RIMBAUD - Larme

Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises,
Je buvais, accroupi dans quelque bruyère
Entourée de tendres bois de noisetiers,
Par un brouillard d’après-midi tiède et vert.

Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise,
Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert.
Que tirais-je à la gourde de colocase ?
Quelque liqueur d’or, fade et qui fait suer.

Tel, j’eusse été mauvaise enseigne d’auberge.
Puis l’orage changea le ciel, jusqu’au soir.
Ce furent des pays noirs, des lacs, des perches,
Des colonnades sous la nuit bleue, des gares.

L’eau des bois se perdait sur des sables vierges
Le vent, du ciel, jetait des glaçons aux mares...
Or tel qu’un pêcheur d’or ou de coquillages,
Dire que je n’ai pas eu souci de boire !

Photographie : Flickr
Par Philippe96 - Publié dans : Poetes Divers - Communauté : Crèative Common - Textes Libre
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